« En Europe, la souveraineté peut-elle précéder l’identité ? »
Débat à La Haye (10 janvier 2022). L’ambassadeur de France aux Pays-Bas Luis Vassy organise le 10 janvier prochain l’évènement de lancement local de la PFUE aux Pays-Bas : il s’agira d’une table ronde intitulée : « En Europe, la souveraineté peut-elle précéder l’identité ? » Débat autour de l’identité et l’appartenance à l’Union européenne et plus globalement l’état de l’Union dans le contexte actuel des bouleversements géopolitiques, de la crise sanitaire et de la remise en question des valeurs fondamentales, socle de nos sociétés fondées sur l’État de droit.
L’Europe est-elle une puissance dans le monde ? On m’accorde une à deux minutes pour y répondre.
En une minute, je réponds oui.
Et en deux minutes, je réponds non
En une minute, l’Union européenne a trois fondamentaux solides.
- Premier marché solvable du monde, l’Union fixe les règles d’accès à son marché : on parle de puissance normative.
- Son attachement au droit et aux règles, à la démocratie, à la paix et à la diplomatie en fait un centre de pouvoir alternatif aux logiques hégémoniques, néo-impériales et révisionnistes des concurrents. C’est un laboratoire du compromis, au sens où les différends entre ses pays membres sont traités de manière démocratique.
- Elle a un réel pouvoir d’attraction sur le continent et sur ses périphéries.
En deux minutes, l’Union n’est pas une puissance
- C’est le seul centre de pouvoir qui n’est pas un État, à la différence de tous les autres, mus par la seule logique égocentrée de puissance, d’influence et d’autosuffisance.
- L’acteur économique et politique central, l’Allemagne, pense en termes de responsabilités mondiales, pas de puissance. Et la France propose un projet de puissance mais ses propres citoyens restent eurosceptiques.
- L’Union reste soumise aux USA, hyperpuissance militaire, pour la sécurité en dernier ressort et la technologie. L’Europe parle l’anglo-américain, langue du maître, véhicule d’un « encerclement cognitif ». Les Européens se veulent toujours amis, alliés et alignés. Peut-on bâtir une puissance sans émancipation ?
Alors, que faire ?
L’ambition de souveraineté, notion juridique, avancée par Paris, acceptée par Berlin, doit être complétée de trois axes d’effort concrets, sans incantation :
- Normes et règles : ce que l’UE fait de mieux. L’UE existe dans le monde par le marché intérieur et l’euro.
- Mais le pôle Nord de la boussole stratégique ne semble pas encore déterminé.
- Un réarmement technologique endogène et le refus de l’alignement sur les seuls intérêts américains sont les seules bases disponibles d’une souveraineté effective.
C’est l’un des points que je soutiens dans le rapport remis à Clément Beaune le 30 novembre en guise de réflexion et proposition pour la PFUE
- Bilan de la PFUE. Ambassade de France en Espagne 7-9 juin
- Semaine des idées : Cameroun : Douala et Yaoundé 23-30 janvier
- Semaine de la francophonie : Burkina Faso 21-25 mars
- Sommet de la francophonie : Tunisie novembre
- Lycée d’Europe : Strasbourg 14 février
- Émission Democratia, France 3 Corse mars
- Athènes : colloques internationaux septembre et décembre